Calendrier du temps social et temporalité psychique adolescente
Calendrier du temps social et temporalité psychique adolescente
Par Andrea ZÄH
Psychologue, psychanalyste,
responsable des questions cliniques à MÉTABOLE
Communication effectuée dans le cadre du colloque
« L’accompagnement psychosocial des adolescents en grande difficulté. Liens, relations, transferts », Paris 2003
Temps social et temps psychique. Problématique de la temporalité chez les adolescents confrontés à des traumas réels subis. Pertinence de la modalité d'accompagnement psychosocial.
Je suis psychologue clinicienne et psychanalyste, et je travaille depuis quatre années en tant que « responsable des questions cliniques » à MÉTABOLE. Cette fonction consiste à veiller à la cohérence entre les hypothèses cliniques et les stratégies d’accompagnement psychosocial déployées auprès des adolescents accueillis. Concrètement parlant je participe donc à toutes les réunions cliniques organisées dans le service, et interviens davantage auprès des professionnels et bien moins directement auprès des adolescents. Mais comme je valide l’admission des jeunes au cours du cinquième entretien d’admission, je rencontre donc au moins une fois chaque adolescent directement. Je suis également conduite à rencontrer certains adolescents en cours de prise en charge, pour réaliser alors des entretiens tout à fait ponctuels, ou bien lorsqu’on me sollicite pour redynamiser une prise en charge en impasse, par exemple lorsqu’un adolescent est en rupture de contact et de liens, avec les deux professionnels du binôme. Ou encore, autre exemple, pour orienter tel jeune vers des soins psychiatriques, ou vers un bilan psychologique extérieur supplémentaire. En fait, j’interviens directement auprès de tel ou tel adolescent lorsqu’un collègue le souhaite, et lorsqu’il est nécessaire de participer à une synthèse à l’ASE je reçois alors le jeune avant une telle démarche. Au-delà de la singularité de chaque entretien clinique mené, ma fonction à MÉTABOLE me permet néanmoins un regard et une écoute sur l’ensemble du fonctionnement de l’institution et l’ensemble de la population accueillie.
C’est pourquoi mon exposé d’aujourd’hui va traiter d’un thème général et relativement abstrait, voire théorique, qui est celui du calendrier du temps social et de la temporalité psychique. Pour introduire mon propos, je vais vous lire un courrier que nous avons reçu à MÉTABOLE de la part d’un adolescent devenu entre-temps un jeune homme, qui nous a écrit longtemps après avoir quitté notre dispositif dans la rupture. Certains jeunes gardent un contact, après leur départ du dispositif, mais nous sommes dans l’impossibilité de mener des études longitudinales sur le devenir des jeunes.
Je vais donc citer une lettre d’un jeune à titre d’exemple, et j’ai choisi un exemple positif, encourageant, que je trouve intéressant pour mon propos ici car il évoque explicitement le calendrier du temps social et plus implicitement la temporalité psychique.
« Je vous écris pour vous remercier de l’aide que vous avez pu m’apporter et vous faire part de ma nouvelle situation. En effet, j’ai été pris en charge par MÉTABOLE pendant 2 ans et demi, période très difficile de ma vie où j’évitais les repères que vous me donniez. Inconscient de la réalité de la vie, vous m’avez soutenu et supporté pensant finalement que je devenais un cas “désespéré”. Je vous suis reconnaissant et respectueux vis-à-vis de votre métier difficile, mais valorisant. Après vous avoir quitté, j’ai passé le baccalauréat avec succès, travaillé en Angleterre pendant 8 mois... Ensuite, je me suis inscrit en BTS Commerce International où j’effectue actuellement ma 2e année ; j’espère par la suite intégrer une grande école de commerce. Bref, si je vous écris, c’est pour vous dire merci pour tout. Actuellement à Bordeaux, je ne peux pas vous rencontrer directement, mais je n’hésiterai pas à le faire le jour où je passe à Paris. Merci à tous ».
Depuis l’arrivée de cette lettre le jeune homme nous a informé téléphoniquement qu’il a effectivement intégré cette grande école dont il parle dans son courrier.
Si je vous parle du calendrier du temps social et de la temporalité psychique adolescente, c’est afin de souligner que nous, ainsi que les adolescents que nous accompagnons, sommes obligés de composer constamment au moins avec ces deux dimensions temporelles. Une autre dimension temporelle, essentielle, mais que je ne développerai pas ici, est celle du temps biologique, en ce sens que ces adolescents sortent de leur puberté et doivent s’accommoder d’un corps en changement, qui les mène possiblement vers la sexualité adulte, et exige d’importants remaniements psychiques1. Toujours est-il qu’entre le calendrier du temps social et la temporalité psychique existent des rapports conciliables ou inconciliables, ce qui n’empêche pas que nous y soyons confrontés simultanément et incontournablement dans notre pratique de tous les jours.
Le sociologue Norbert Elias insiste sur la dimension sociale du temps, pour cet auteur le temps en soi n’existe pas, et l’on ne peut comprendre le temps qu’en le replaçant dans les différentes sociétés existantes ou ayant existé. Dans son ouvrage intitulé justement « Du temps », il affirme ceci :
« L’individu n’a pas la capacité de forger à lui tout seul le concept de temps. Celui-ci, tout comme l’institution sociale qui en est inséparable, est assimilé par l’enfant au fur et à mesure qu’il grandit dans une société où l’un et l’autre vont de soi. (....) Chaque enfant en grandissant devient en effet vite familier du “temps” en tant que symbole d’une institution sociale dont il éprouve très tôt le caractère contraignant. Si, au cours des dix premières années de son existence, il n’apprend pas à se conduire et à modeler sa sensibilité en fonction du temps, il lui sera très difficile, sinon impossible, de jouer le rôle d’un adulte à l’intérieur de cette société »2
Si pour ce sociologue le temps est une institution sociale, et c’est du lien social dont il est question ici, en philosophie également le temps n’est pas une chose en soi. Emmanuel Levinas, dont on cite volontiers la phrase célèbre « L’avenir c’est l’autre », met l’accent justement sur la relation intersubjective, lorsqu’il en parle dans son livre intitulé « Le temps et l’autre », de la façon suivante :
« La relation avec l’avenir, la présence de l’avenir dans le présent semble encore s’accomplir dans le face-à-face avec autrui. La situation de face-à-face serait l’accomplissement même du temps; l’empiétement du présent sur l’avenir n’est pas le fait d’un sujet seul, mais la relation intersubjective. La condition du temps est dans le rapport entre humains ou dans l’histoire »3.
Comme pour ce sociologue et ce philosophe, en psychanalyse également c’est le lien intersubjectif qui crée la notion du temps, c’est par exemple ce que Françoise Feder nous rappelle en citant André Green :
« La prise en compte du passage du temps par le sujet est de toute façon indissociable de la relation à autrui. Nous n’accédons à cette prise de conscience que dans le lien intersubjectif : la relation à un “autre semblable”(A.Green, 2000) »4.
Ce travail psychique personnel et singulier sur le temps, qui pourtant résulte d’un travail intersubjectif, pourra donner ensuite accès au temps chronologique et au temps socialement partagé, et ouvre ainsi la possibilité à l’insertion sociale. Il me semble primordial que du côté des professionnels à MÉTABOLE les différentes dimensions temporelles soient pleinement et volontairement pensées. Par exemple, dès son admission à MÉTABOLE, il s’agit de repérer autant que possible où en est cet adolescent, dans son processus de temporalisation subjective, et de repérer parallèlement ce qu’il en est du calendrier du temps social dans lequel s’inscrit la prise en charge de cet adolescent-là. Le processus de temporalisation subjective peut être compris par exemple avec un auteur telle Piera Aulagnier comme étant le travail psychique d’historien fait par l’individu lui-même sur sa propre histoire5. Et, bien entendu, la manière dont le jeune pourra ou non s’inscrire dans le calendrier du temps social, dans cette institution sociale qu’est le temps, est certainement tributaire de sa propre temporalité, de son travail psychique d’historien fait sur lui-même.
Ce que j’appelle ici calendrier du temps social est celui que la linéarité chronologique des calendriers nous impose. C’est tout d’abord, pour démarrer et continuer une prise en charge à MÉTABOLE, le calendrier de l’Aide sociale à l’enfance. Ce sont les rendez-vous entre l’éducateur ASE et tel jeune, puis les rendez-vous chez l’inspecteur qui ponctuent le temps des prises en charge. Pour les jeunes majeurs, ce sont les contrats « jeune majeur » de durée variable d’un sujet à l’autre, mais de durée connue pour tel ou tel jeune. Le temps du calendrier social est le temps des dates d’échéance, des dates limites fixées d’avance, repérable dans les agendas.
Déjà le processus d’admission est un processus dynamique temporel : cinq rendez-vous successifs avec des dates fixées d’avance, avec cinq interlocuteurs différents. Lors de ces cinq entretiens et lors de notre commission d’admission, nous sommes très attentifs aux éléments d’anamnèse. Ce qu’il s’agit d’évaluer est le processus psychique adolescent en cours, et ensuite de décider si à partir de là où en est l’adolescent il nous semble possible de l’accompagner vers ce travail de subjectivation sans qu’il ne mette sa vie en danger.
Une fois admis à MÉTABOLE, les trois premiers mois sont considérés comme un trimestre dit d’évaluation, au bout duquel nous échangeons en réunion de synthèse. Nous sommes de nouveau très attentifs aux éléments historiques (d’anamnèse), mais déjà entre-temps nous avons pu repérer davantage la dynamique psychique de l’adolescent. Survient ensuite la contractualisation à MÉTABOLE qui est réalisée à rythme régulier, et dont la durée est fixée à tous les six mois. Parallèlement sont rédigés des comptes-rendus trimestriels, un travail qui oblige les binômes à réfléchir sur les trois mois précédents, cela ponctue le temps de chaque prise en charge. Les rencontres avec le coordinateur à MÉTABOLE se font selon un rythme généralement régulier pour chaque jeune (tous les dix jours pour certains, toutes les deux semaines pour la plupart), et les rencontres avec l’accompagnateur sont à minima deux rencontres par semaine, nous favorisons un rythme régulier et des rendez-vous fixés d’avance. Ce qui est prévu avec le jeune et les partenaires en faveur de l’insertion sociale se déroule selon un calendrier prévisible, ce sont des rendez-vous au CIEJ, des périodes de participation aux plates-formes de mobilisation, les dates de formations, les dates du calendrier scolaire. Toutes ces possibilités d’insertion sociale suivent un calendrier mensuel, trimestriel, semestriel, annuel, dont les adolescents sont tout aussi tributaires que nous-mêmes. .
Par contre, ce que j’appelle ici la temporalité psychique renvoi pourtant à une tout autre dimension temporelle. Je vais d’abord la situer brièvement dans le cadre de référence théorique qui est le mien, à savoir, la théorie freudienne. La dimension temporelle y est très présente étant donné que l’ensemble de la théorie freudienne est basé sur l’hypothèse de la construction individuelle progressive d’un appareil psychique qui loin d’être donné là, d’emblée, se construit dans le temps au cours de la croissance de tout être humain6.
Du point de vue psychanalytique, trois notions temporelles essentielles sont à souligner : les temps d’après-coup, les temps de la répétition, l’a-temporalité de l’inconscient. Ce sont autant de temps psychiques incontournables pour que chaque jeune devienne l’historien de sa propre histoire.
Si classiquement parlant la puberté amène de nouvelles poussées pulsionnelles, c’est déjà un temps d’après-coup7, de remaniements psychiques majeurs. Cette notion d’après-coup est aussi un concept essentiel dans toute la théorie du trauma, qui ne peut pas être comprise en dehors des enjeux de la compulsion de répétition. Mais la répétition n’est pourtant pas caractéristique en soi de la pathologie, puisque la répétition opère aussi bien dans le fonctionnement psychique équilibré et satisfaisant.
L’émergence du pulsionnel même est répétitive. Les pulsions exigent continuellement leurs satisfactions, qui surviennent sous forme de compromis. Ce sont tantôt des rêves ou actes créatifs ou tantôt des symptômes insistants et gênants. Ils sont marqués par l’a-temporalité de l’inconscient dont les contenus refoulés cherchent tout au long de la vie à se manifester. En effet, avec Freud nous considérons que les processus inconscients ignorent le temps, ce qu’il formule ainsi :
« Les processus du système inconscient sont intemporels, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas ordonnés dans le temps, ne sont pas modifiés par l’écoulement du temps, n’ont absolument aucune relation avec le temps »8.
Aucune approche thérapeutique psychanalytique, qu’il s’agisse de la cure classique, mais aussi du travail exercé par des psychanalystes tel que par exemple l’accompagnement psychosocial d’adolescents, ne peut être déployée en dehors de cette dimension de temporalité psychique qui n’a rien de commun, à priori, avec le calendrier du temps social. Dans toute approche psychanalytique la flèche du temps : passé, présent, avenir, est réordonnée en: présent, passé, avenir, puisque le présent est éclairé par le passé dans la perspective d’un avenir différent. Les psychanalystes se portent vers le passé, même si les mouvements transférentiels et contre-transférentiels peuvent souvent se nouer en un temps peut-être aussi a-temporel que celui qui caractérise l’inconscient. Il n’en reste pas moins exact qu’il est indispensable de se laisser déployer dans la durée, afin de les traiter, tous ces phénomènes de répétitions, tantôt créateurs mais tantôt symptomatiques et pathologiques. Avec Juan José Baranès nous insisterons cependant sur le point suivant :
« Or, il faut souligner l’existence d’une contradiction potentielle entre la position analytique, qui invite implicitement à “régresser” et à se tourner vers le passé, et l’adolescence, engagée au contraire dans l’actuel, l’expérience à vivre dans le présent, l’effectivité auto-appropriatrice de l’action »9
Dans l’accompagnement psychosocial nous proposons aux adolescents à la fois un travail sur l’actuel, c’est-à-dire justement sur le temps privilégié de l’adolescent, même si nous commençons par le solliciter à nous dire son passé (lors de son admission) et que nous lui proposons de construire des projets d’avenir (contractualisation).
Il est essentiel de souligner que les adolescents avec lesquels nous travaillons relèvent pour une grande partie de la clinique des traumas réels subis. Cela veut dire que leurs appareils psychiques sont pour le moins endommagés dans les fonctions qu’exerce le système psychique de protection, que nous appelons le pare-excitations. En fait un traumatisme agit comme une effraction étendue du pare-excitations. Or c’est précisément le pare-excitations en tant que couche-protectrice, qui englobe une seconde couche, réceptrice, celle du système appelé perception-conscience. Or, c’est au système de perception-conscience à qui incombe la perception de la dimension temporelle subjective individuelle. Si Freud souligne le caractère intemporel des processus inconscients, cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a pas du tout de perception temporelle dans le psychisme. Nous savons que la pensée freudienne explicite du temps est celle que la conscience du temps est liée à un rythme :
« Ce serait comme si l’inconscient, par le moyen du système Pc-Cs, étendait vers le monde extérieur des antennes, qui sont rapidement retirées, après en avoir comme dégustés les excitations (...) je supposais en outre que ce mode de travail discontinu du système Pc-Cs est au fondement de l’apparition de la représentation du temps »10.
Autrement dit, la protection contre trop d’excitation en provenance du monde extérieur serait réalisée comme par un prélèvement d’échantillons du monde extérieur11.
Mon plaidoyer ici en faveur de la durée du temps indispensable pour développer des actions thérapeutiques auprès des adolescents repose surtout sur la logique qui veut qu’il faut du temps pour laisser opérer et accompagner la temporalisation subjective, et encore du temps pour guérir ou améliorer ces pathologies traumatiques du système psychique qui régit justement le temps subjectif.
Les temps des passages à l’acte peuvent court-circuiter non seulement la pensée, le langage, et l’élaboration psychique, mais aussi et peut-être avant tout le temps. Or, ces passages à l’acte, qui sont par ailleurs reconnus comme étant caractéristiques de tout adolescent, ne mettent pas uniquement en jeu le temps individuel subjectif, mais entrent pour ainsi dire en collision avec le temps des autres, le temps partagé, collectif, le temps social, le temps du calendrier partagé avec autrui.
Nous n’avons pas seulement besoin de temps dans la durée pour travailler psychiquement avec ces adolescents en retournant vers leur passé pour mieux rebondir vers un avenir différent, nous sommes tenus aussi socialement parlant au temps du présent et du calendrier social dans son actualité. Nous sommes confrontés au temps du présent social et de l’actualité pour construire un projet d’insertion sociale, mais nous avons besoin de temps pour mettre à l’épreuve de réalité tel projet, et souvent aussi nous avons besoin de temps pour faire face à la frustration due à des échecs, ou parfois besoin de temps de laisser se faire un travail de deuil d’un projet non réalisable ou inatteignable.
Dans notre projet de service, nous affirmons que notre dispositif vise la restauration psycho-affective et l’insertion sociale des adolescents qui nous sont confiés. C’est le but explicite que nous nous sommes fixé, mais dont l’évaluation est difficile pour de nombreuses raisons. Certes, nous connaissons la situation du jeune lorsqu’il qu’il quitte le dispositif, mais qu’en est-il si les fruits de notre travail, l’épanouissement des potentiels du psychisme de tel adolescent, ne se révéleront qu’ultérieurement ?
1« Les adolescents sont confrontés à un corps nouveau, véritable trauma-corps étranger interne qu’ils doivent contenir. Placés au carrefour de la resexualisation oedipienne et du narcissisme en crise, passant sans crier gare des identifications les plus subtiles à l’imitation la plus archaïque, frôlant à tout moment l’inquiétante étrangeté, ils doivent également s’affronter au deuil et à la perte: celle de l’omnipotence infantile, comme celle du savoir attribué jusque-là aux parents. Les voilà contraints, sinon même sommés, par le processus pubertaire qui les change de pied en cap, de prendre parti, selon le mot de R. Cahn » (J.J. Baranes, “Les adolescents au présent”, in J.J. Baranes, Les balafrés du divan. Essai sur les symbolisations plurielles, Paris, Puf, 2003, pages 139 à 151)
2Elias, Norbert, Du temps, Paris, Fayard, 1996, page 15 (traduction française par Michèle Humlin de Über die Zeit, Suhrkamp Verlag, 1984)
3Levinas, E., Le temps et l’autre, Paris, PUF/Quadrige, 1998, page 68
4F. Feder, « Une figure du temps à l’adolescence: le temps suspendu », in Revue Française de Psychanalyse, 3/2001, pages 795 à 805.
5De Mijolla-Mellor, Penser la psychose. Approche de l’oeuvre de Piera Aulagnier, Paris, Dunod 1998, notamment le chapitre intitulé « Temporalité et mémoire du Je » pp 165-196
6Je fais référence ici à la constitution de l’inconscient même par le refoulement originaire, stades libidinaux, l’amnésie infantile, période de latence, refoulement à proprement parler, retour du refoulé, points de fixations etc
7« Cette doctrine, nous le savons bien, c’est celle de l’effet “en deux temps” de l’excitation: la représentation peut avoir un effet bien plus excitant donc bien plus traumatisant que l’irritation somatique de départ, mais c’est parce que dans l’intervalle s’est produite une maturation organique », Laplanche, J. « Le temps et l’autre », in La révolution copernicienne inachevée, Paris, Aubier, 1992, pp 359-384
8Freud, S. “L’inconscient » in Métapsychologie , Paris, Gallimard, p.96
9J.J. Baranes, “Les adolescents au présent”, in J.J. Baranes, Les balafrés du divan. Essai sur les symbolisations plurielles, Paris, Puf, 2003, pages 139 à 151
10Freud, S., “Note sur le bloc-note magique”, GW XIV, p8, traduction française in Résultats, idées, problèmes, II, Paris, PUF, 1985 :
« Cette pensée lie la conscience du temps à la conscience du fonctionnement de l’appareil perceptif. Ce fonctionnement est en effet conçu comme périodique, rythmique, fait d’éclairs et d’interruptions » Laplanche, J. “Le temps et l’autre”, in La révolution copernicienne inachevée, Paris, Aubier, 1992, pp 359-384
11Laplanche, J., Pontalis J.-B., Vocabulaire de la psychanalyse, Paris, PUF, 1967 (article “pare-excitations”)



